La crue, Catherine Diament et Clémence Thioly

La crue, Catherine Diament et Clémence Thioly aux Éditions de l'observatoire

Ce roman est inspiré de la crue historique de la Seine et ses affluents qui a notamment meurtri Paris en janvier 1910. Il a été écrit à quatre mains par Catherine Diament et Clémence Thioly, actrice et scénariste, dont c’est le premier roman.

On y suit les destins croisés de quatre femmes qui vont, en quelque sorte, s’appuyer sur cet événement tragique pour changer de vie et de condition.
Il faut dire qu’à cette époque, les femmes n’ont pas vraiment leur mot à dire, elles subissent les points de vue et les actions des hommes.
Ce drame qui va ébranler les Parisiens est peut-être l’occasion de se libérer de cette domination.
Je vous invite à regarder les photos de l’époque pour vous rendre compte de la gravité de cet événement. Je me souviens avoir vu un trait indiquant la hauteur de l’inondation sur un mur de la Conciergerie, ça m’a marquée… Il existe beaucoup d’autres lieux à Paris où l’on peut observer ses indications.
Pluviométrie importante, neige et dégel, cours d’eau et sous-sol saturés : ces facteurs combinés ont eu un effet dévastateur.
Bien sûr, il s’agit ici d’une histoire romancée, pas d’un livre d’histoire, mais il me semble tout de même que les passages sur l’avancée de la crue, les dégâts qu’elle occasionne sont bien documentés.
Pour les deux autrices, la crue est surtout un prétexte pour aborder la question des femmes.
En 1910, nous avons les manifestations des suffragettes au Royaume-Uni ; en France, les revendications féministes se font également entendre, mais les manifestations sont en général rudement réprimées.
Le roman explore cette dimension de l’histoire, sans toutefois aller jusqu’au bout car malgré leurs actions, ces femmes « fortes » sont harcelées par des hommes ou doivent s’appuyer sur eux pour avancer.
Les romances se mêlent allègrement à l’action (sans doute trop rapidement pour être totalement vraisemblables).
Adèle est comédienne anglaise et métisse à la recherche de son père, Madeleine bourgeoise des beaux quartiers veut simplement qu’on la laisse étudier la météorologie, Suzanne est ouvrière à l’usine des eaux usées, victime d’un mari violent, et Jeanne se prostitue tout en rêvant des planches de la Comédie-Française : toutes les quatre représentent les facettes d’un même désir d’émancipation. D’ailleurs, sans dévoiler l’histoire, on attend le moment où leurs destins vont inévitablement se croiser.
Les chapitres courts sont efficaces, ils sont portés par les dialogues et les divers rebondissements de l’intrigue.
Un roman au contexte intéressant.

Plus d’infos sur le site de l’éditeur

  • Résumé :

Janvier 1910. Paris est frappée de plein fouet par une catastrophe naturelle qu’on baptisera la «Crue du Siècle» : pendant plus de trois semaines, la moitié de la capitale est engloutie sous une eau noire et glacée. Au cœur de cet événement tragique, quatre femmes doivent lutter pour leur survie et leur liberté au sein d’un monde masculin qui les opprime.
Leurs destins se croisent dans un immeuble du Vieux Marais… Au premier étage, les Ribojad: Madeleine, leur fille, lanceuse d’alerte, rêve de devenir météorologue. Sous les toits, Jeanne ne vit que pour le théâtre et récite ses tirades aux clients qui arrondissent ses fins de mois. Au rez-de-chaussée, Suzanne, la fille de la concierge, ouvrière à l’usine des eaux usées, tente de fuir un mari violent. Enfin, il y a Adèle, comédienne anglaise et métisse venue à Paris chercher des réponses sur son père… Et si ce débordement de la Seine était l’occasion inespérée pour ces femmes de revendiquer leur place ?
Entre amours interdites, trahisons et émancipation, La Crue nous plonge dans la société parisienne de la Belle Époque, implacable dans ses certitudes figées.

La crue, Catherine Diament et Clémence Thioly aux Éditions de l'observatoire

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