Nina Simone, une vie de David Brun-Lambert

Novembre, Mornštajnová Alena aux Éditions Bleu et Jaune, traduit du tchèque par Raimbault Biret Anaïs

Quel destin tumultueux que celui de Nina Simone ici relaté par le journaliste David Brun-Lambert !
Une biographie précise, passionnante et nécessaire pour approcher la légende, l’une des plus grandes voix du jazz.

Mais Eunice Waymon était avant cela une véritable prodige du piano.
Sa famille aura porté son rêve d’être la première concertiste classique noire américaine en la poussant à travailler durement, puis, en donnant une entière confiance à la professeure de piano qui la suivait.
Mais ils n’ont nullement assumé les conséquences de son échec à l’entrée du Curtis Institute de Philadelphie.
Les conditions n’étaient pas encore réunies pour qu’on y accepte une concertiste classique de couleur.
Elle dira : « Personne ne m’avait dit que la couleur de ma peau marquerait toujours une différence quoi que je fasse dans l’existence. J’ai reçu cette leçon amère du Curtis Institute. » Elle ne se remettra jamais de ce qu’elle considère comme une trahison.
D’autant que sa communauté se sera mobilisée pour trouver les fonds nécessaires à sa formation.
Elle aura grandi tenue éloignée du racisme par l’éducation familiale très stricte donnée par ses parents.
Mais c’est paradoxalement cet échec qui donnera naissance à l’iconique Nina Simone, révélant au monde entier le feu qui coulait dans ses veines.
Alors qu’elle s’émancipe par la musique au moins, la situation personnelle n’étant pas si libérée que ça, elle découvre la condition des afro-américains, l’ampleur de l’oppression et s’engage.
La connaissance de ses racines est une révélation, et elle sera une fervente militante des droits civiques.
Sa bande-son est le reflet des époques qu’elle traverse, elle composera des protest songs au service de la lutte politique tout au long de sa carrière.
En parallèle de son histoire, David Brun-Lambert met en scène les grandes figures et mouvements noirs américains qui ont contribué à façonner son esprit militant : Martin Luther King, Malcolm X, les Black Panthers…
La musique de Nina Simone est inséparable de la grande Histoire.
Son épouvantable caractère (il valait mieux ne pas être dans les parages quand elle s’emportait) trouve ici sa justification : sans cesse utilisée, trahie, mal aimée (par sa mère d’abord qui n’a pas su lui montrer d’affection), elle sera soumise à l’autodestruction (addictions, entourage toxique, violence des hommes) et à des problèmes psychologiques mal pris en charge.
Les multiples témoignages qui alimentent le livre viennent corroborer certaines phases particulièrement destructrices.
Et puis, ce n’est pas un hasard si elle s’est finalement installée dans le sud de la France à la fin de sa vie.
Son nom de scène rendait déjà un hommage appuyé à une autre icône, Simone Signoret.
L’artiste s’éteint à Carry-le-Rouet, le 21 avril 2003 des suites d’un cancer, ses cendres seront dispersées dans plusieurs pays du continent africain, comme elle le souhaitait.

Plus d’infos sur le site de l’éditeur

  • Résumé :

La biographie de la pianiste et militante la plus célèbre du XXe siècle.
Née Eunice Waymon dans l’Amérique ségrégationniste des années 1930, Nina Simone rêvait d’être la première concertiste noire. Rêve brisé, elle se réinvente en musicienne visionnaire, mêlant classique, jazz, soul et pop. Figure magnétique, artiste géniale et militante des droits civiques, elle fut aussi, en privé, une femme blessée mais jamais résignée.
Depuis sa mort en 2003 dans le sud de la France, elle est célébrée comme l’une des grandes icônes du xxe siècle.
Enrichie par des témoignages de proches et des entretiens inédits avec des figures du xxe siècle, cette biographie de David Brun-Lambert dresse le portrait d’une diva devenue légende.

Nina Simone, une vie David Brun-Lambert aux Éditions Harper Collins poche

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