Les Filles du Shandong, Eve J Chung

Les Filles du Shandong, Eve J. Chung aux Éditions Harper Collins - collection Au gré du monde

Le Shandong est une province située à l’est de la Chine, au bord de la mer jaune. C’est ici, année 1948, alors que les communistes s’apprêtent à prendre le contrôle de la zone, qu’Eve Chung situe le début de son roman historique.

Elle va focaliser l’attention du lecteur dans la campagne chinoise, auprès de la famille de propriétaires terriens, les Ang.
Mais dans cette famille, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.
Le temps est suspendu à l’arrivée d’un futur héritier, qui ne vient pas. La jeune mère est rendue responsable et rabaissée quotidiennement de n’avoir donné que des filles, autant de « bouches inutiles » pour la matriarche acariâtre et sa belle-famille.
Car, naître fille à cette époque est considéré comme de la malchance et les maltraitances sont courantes.
Lorsque la guerre civile éclate, les riches propriétaires fuient l’avancée communiste pour éviter d’être pris à partie (la réforme agraire se met en place dans la terreur, les assassinats sont légion).
Alors que toute la famille Ang fuient en ville pour éviter la répression annoncée, la jeune mère et ses filles vont se retrouver seules à affronter cette violence innommable.
Comment vont-elles survivre, s’adapter, trouver des ressources et peut-être la voie de la liberté… : leur parcours de réfugiées de guerre est édifiant !
Le récit est inspiré de faits réels, ce qui donne à l’histoire une résonance particulière.
À travers ce récit de vie, Eve J. Chung nous alerte sur le sort de tous les réfugiés de guerre et en particulier en focus sur les femmes qui sont souvent les premières victimes de cette situation instable.
Elle pointe aussi du doigt le poids de traditions injustes qui pèsent sur la vie des femmes, empêchant leur émancipation.
Alors bien sûr que j’ai été révoltée par moment, mais il y a aussi la solidarité, la grande force mentale de ces femmes qui laisse entrevoir l’espérance…
C’est un roman vraiment prenant, aux multiples rebondissements et qui nous transporte dans la Grande histoire. J’ai eu du mal à le lâcher ! Et maintenant j’ai bien envie de me délecter de brioches vapeurs !

À souligner la traduction sensible, au plus près du texte de Laura Bourgeois.

Plus d’infos sur le site de l’éditeur

  • Résumé :

Inspirée d’une histoire vraie, l’épopée bouleversante d’une mère et de ses filles en quête de liberté.

Dans la riche famille Ang, naître fille est une malédiction. Depuis des années, la mère de Hai subit les humiliations de sa belle-famille qui lui fait payer de ne pas avoir donné naissance à un fils. Quant à Hai et ses jeunes sœurs, elles sont vues comme de simples bouches à nourrir.

En 1948, alors que la guerre civile chinoise s’apprête à ravager la province du Shandong, les Ang prennent la fuite, abandonnant Hai, sa mère et ses sœurs aux mains des communistes. Conscientes que le pire est à venir, les femmes laissées pour compte n’ont d’autre choix que de fuir à leur tour.

Affamées, sans ressources, un faux permis de voyage en poche, elles se lancent dans un périple de milliers de kilomètres, du Shandong à Taïwan en passant par la Hong Kong britannique. Et, au fil de ce voyage périlleux, elles découvriront une forme inattendue de liberté : celle de s’emparer de leur destin, de briser les chaînes imposées par leur sexe et de faire entendre leur voix.

Les Filles du Shandong, Eve J. Chung aux Éditions Harper Collins - collection Au gré du monde

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