Novembre, Mornštajnová Alena

Novembre, Mornštajnová Alena aux Éditions Bleu et Jaune, traduit du tchèque par Raimbault Biret Anaïs

L’autrice Mornštajnová Alena a reçu pour ce roman le Prix du Livre tchèque en 2022. Il est traduit en français par Anaïs Raimbault Biret.

1989 : cette année-là, je m’en souviens parfaitement. Notre professeur d’histoire nous avait conseillé de garder les coupures de journaux car l’instant était important : l’ordre géopolitique mondial s’en trouverait à jamais bouleversé…
Dans toute l’Europe de l’est, les événements se précipitent et vont accélérer la fin de la guerre froide : chute du mur de Berlin le 9 novembre, révolution de velours en Tchécoslovaquie qui aboutira aux premières élections libres…
Mornštajnová Alena prend le contre-pied de l’histoire et choisit d’ouvrir une porte sur le temps en nous proposant une uchronie glaçante. La liberté, on le sait bien, est une chose on ne peut plus fragile. Ce livre devrait nous faire réfléchir.
Que se serait-il passé si ces désirs de démocratie avaient été vains ? Le pays se refermant comme un piège pour écraser les soulèvements en même temps que l’espoir.
Mornštajnová Alena va développer son roman autour de deux personnages au bord de ce précipice.
Nous sommes en 1989, en ex-Tchécoslovaquie.
Maja, jeune mère de famille se retrouve enfermée en prison pour avoir osé manifester contre un régime barbare et répressif.
La petite Magdalena, à peine quatre ans, est enlevée à sa famille et placée dans un foyer. Le but est d’en faire une jeune fille docile à la solde du pouvoir et formée à la doctrine.
Si cet épisode est effrayant, la réalité est parfois pire que la fiction. Des enfants enlevés à leur famille dans le cadre d’une guerre, cela vous rappellera certainement une actualité terrible…
L’autrice nous montre ici les rouages d’un régime disciplinaire particulièrement efficace qui vise à annihiler tout désir de rébellion tout en forgeant l’idéal d’une pensée unique.
Elle nous dit que la liberté n’est jamais durablement acquise, qu’il faudrait y veiller comme le lait sur le feu.
Ce roman bouscule nos certitudes. Il réveille en nous ce regard, cette attention : la liberté en danger revient en effet de plus en plus souvent à la une des journaux (qu’elle soit d’expression, culturelle…). Que faisons-nous chaque jour pour la préserver ?

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  • Résumé :

Que serait-il arrivé si les événements de novembre 1989 s’étaient déroulés autrement ? Si, derrière le rideau de fer, le communisme n’était jamais tombé ?
Ce monde est celui de Marie Hajná, condamnée à vingt ans de prison pour avoir trahi sa patrie socialiste en participant à des manifestations. Elle sait qu’elle ne verra probablement jamais grandir ses enfants, et seules les lettres qu’elle écrit lui donnent encore un peu d’espoir. Au même moment, la petite Magdalena, âgée de 4 ans, est arrachée à sa famille et placée en « maison de convalescence » où l’on forme les nouveaux cadres du régime. Leurs destins, que tout oppose, s’entremêleront pourtant des années plus tard, dans des circonstances que ni l’une ni l’autre n’aurait pu imaginer.
À travers ce récit mené de main de maître, Alena Mornstajnová nous invite à réfléchir à ce qu’il serait advenu de notre liberté si l’Histoire avait pris une autre direction.

Bleu et Jaune, traduit du tchèque par Raimbault Biret Anaïs

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