Le livre d’Ildefonso Falcones fait partie de la sélection du Grand Prix des Lecteurs Pocket 2026 – catégorie littérature étrangère.
C’est ma deuxième lecture en tant que jury, une lecture dense (700 pages au compteur) qui demande donc un peu de temps.
Nous suivons ici deux femmes à des époques différentes. L’une, en 1856, Kaweka, jeune fille qui vient d’être arrachée à sa terre natale africaine pour être esclave dans une plantation sucrière à Cuba ; l’autre, Lita, jeune métisse qui vit à Madrid de nos jours, employée pour le compte d’une riche entreprise dont les propriétaires sont les descendants d’esclavagistes.
Leurs destins, vous vous en doutez, vont s’entremêler (on passe d’une époque à l’autre un chapitre sur deux), d’autant que Kaweka va se révéler être régulièrement visitée par la déesse Yemaya qui prend possession de son corps, son destin dépassant ainsi celui du commun des mortels.
Quant à Lita, elle n’est pas en reste car elle compte bien faire entendre les voix du passé et demander réparation au nom de ses ancêtres (l’Espagne ayant été particulièrement active dans le commerce triangulaire).
Alors forcément, avec un format pareil, on n’est pas à l’abri de quelques longueurs, d’autant que la grande Histoire est parfois ardue à intégrer, lorsqu’il s’agit en particulier de rendre compte des avancées des armées respectives, de leurs combats. L’île ayant été le théâtre de sanglants combats entre les insurgés et l’armée régulière.
Pour rappel, Cuba est l’une des dernières colonies à avoir aboli l’esclavage, et on y procédait même à un ignoble « élevage d’esclaves » en forçant les femmes en âge de procréer à s’accoupler (un modèle qui était déjà à l’œuvre aux États-Unis avant l’abolition en décembre 1865), l’auteur va d’ailleurs le mettre en scène dans son roman.
On ne peut pas rester insensible face à des méthodes aussi abjectes, des histoires aussi meurtries.
Mais, si j’ai aimé les récits des luttes de ces femmes fortes contre l’injustice, le racisme et l’asservissement, je suis un peu plus mitigée sur la manière de le raconter. Je n’ai pas été sensible à la plume de l’auteur et je ne suis pas certaine d’avoir tout compris tant il nous abreuve de détails, certes historiquement c’est très intéressant (l’auteur a fait un travail remarquable de ce côté, il est aussi avocat spécialisé en droit civil et dans le livre on retrouve cette facette dans les démêlés juridiques ayant trait à l’histoire de Lita), mais cela tend également à alourdir le récit.
Une lecture sur le fond passionnante mais qui perd en intensité sur la forme. Je vous laisse en juger ! C’est tout de même un livre à conseiller pour en savoir plus sur cette période et les répercussions actuelles.
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Résumé :
Près de deux siècles séparent une esclave africaine travaillant à Cuba dans les champs de canne à sucre et une jeune Madrilène, cadre dans une grande banque. Une même soif de justice et de liberté les anime. Une fresque éblouissante, par l’auteur espagnol de La Cathédrale de la mer (2008), best-seller international traduit dans 40 pays et adapté en série par Netflix.
Deux femmes, deux époques, un même combat.
Une fresque magistrale par l’auteur de La Cathédrale de la mer.
Cuba, 1856. Un bateau où sept cents femmes et enfants ont été entassés accoste sur l’île. Parmi ces esclaves venus d’Afrique, Kaweka, onze ans, rejoint la plantation du marquis de Santadoma, où il se murmure bien vite qu’elle peut communiquer avec la déesse Yemaya. Une intercession qui lui donnera un jour la force d’encourager les siens à se rebeller contre leurs oppresseurs ?
Madrid, de nos jours. Lita, métisse de vingt-huit ans, est la fille de Concepción – gouvernante qui a passé sa vie au service des Santadoma. Bientôt, la jeune femme, qui a accepté à contrecœur un poste dans leur banque, met au jour un secret de famille en découvrant les origines de leur fortune.
Déterminée à réparer les injustices du passé, elle s’engage dans une longue bataille pour que sa mère et toutes les femmes ayant sacrifié leur vie au service des puissants obtiennent réparation.
Près de deux siècles séparent Lita de Kaweka. Un lien les unit, une même soif de justice et de liberté les anime…

Découvrir mon premier retour en tant que jury du Grand Prix des Lecteurs Pocket 2026 – catégorie littérature étrangère : Le livre oublié de Nick Bradley








