Ce refrain qui te plaît, Nadège Erika

Ce refrain qui te plaît, Nadège Erika aux Éditions Harper Collins

J’ai découvert Nadège Erika avec son premier roman Mon petit dont j’avais aimé la langue simple et touchante. Un roman magnifique inspiré de la vie de l’autrice.
Je la retrouve avec curiosité pour ce second roman qui met en scène le quotidien fracturé d’une mère solo et de son fils interné en hôpital psychiatrique.

Kora est une héroïne d’aujourd’hui, qui doit s’occuper seule de tout, tout le temps, négligeant au passage son corps et son mental.
Elle travaille dans un centre d’accueil d’urgence de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), elle connaît donc bien les rouages des établissements qui reçoivent des jeunes en difficulté, un travail qu’elle aime et qui demande aussi une énergie considérable qu’elle n’a pas toujours depuis que son fils Sol a rechuté.
Car l’ASE n’est que le sujet de fond ici, la santé mentale de Sol prend toute la place et l’univers décrit entre ces pages est celui des hôpitaux psychiatriques.
Ce texte d’une lucidité nerveuse ne cache rien du désœuvrement des proches aidants (principalement des mères) et de leurs enfants malades et majeurs.
Kora et son fils sont broyés par un système à bout de souffle qui jamais ne les écoute.
Et ce n’est pas que de la fiction, les dérives de certains établissements de soins HP sont connues : circulation de drogues (alors que beaucoup de patients souffrent d’addiction), conditions d’accueil précaires, manque de moyens humains, matériels, maltraitance médicale, prise en charge aléatoire…
Dans ces conditions, comment trouver le chemin d’une vie plus stable pour les malades et leurs familles ?
Kora se noie dans les procédures inadaptées, sans savoir de quoi souffre véritablement son fils car elle n’a pas accès à son dossier médical puisqu’il est majeur.
Impuissance à savoir, impuissance à agir.
Les mères sont souvent les seules à rendre visite à leurs enfants internés, Kora n’échappe pas à la règle, elle va puiser dans ses ressources personnelles physiques, mentales, matérielles : sa vie s’est arrêtée aux portes de l’enfer psychiatrique dans une solitude effrayante.
Ce poids ahurissant qui pèse sur ses épaules, je l’ai fait mien à la lecture de ces 240 pages.
« Plus que le parent pauvre de la médecine, la psychiatrie ici est un parent maltraitant et toxique. »
Un roman très réussi, une immersion glaçante, difficile de revenir au quotidien après cela.

Plus d’infos sur le site de l’éditeur

  • Résumé :

« Je reprends mes rêves éveillés dans lesquels j’ouvre les grilles, les portes et les fenêtres. Et sans discrimination, ni casting, je laisse sortir chacun des fous et je mets le feu à un hôpital psychiatrique. »

Kora, quadra et mère célibataire, lutte pour protéger son fils Sol. Jeune adulte aux prises avec des troubles psychiques, il est suivi par un système de santé à bout de souffle.

Dans sa ville, Kora trimbale son inquiétude, sa solitude et une valise rose fluo, d’appartements prêtés en chambres d’hôtel miteuses louées à des marchands de sommeil.

Alors qu’elle assume sa condition de proche aidante, Kora interroge son devoir de mère : combien de temps peut-on soutenir quelqu’un sans sombrer soi-même ?

Avec la poésie nerveuse qui caractérise son écriture, Nadège Erika nous livre un deuxième roman uppercut et incontournable sur la maternité et la santé mentale.

Ce refrain qui te plaît, Nadège Erika aux Éditions Harper Collins

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