Je dois dire que la poésie militante d’André Bonmort entre en résonance avec l’actualité et mon ressenti personnel.
L’auteur me pousse à m’interroger sur ce qui me gouverne, et pas seulement la manière dont on tente de me manipuler à la télé, sur les réseaux…
Quel est mon héritage ? Que devrais-je en faire ?
Qu’est-ce qui ressortira de cet examen de conscience ?
Moi qui fais le choix bien confortable de sélectionner mes combats, que pourrais-je faire (de plus) ?
Ces derniers temps, je me suis perdue, perdue dans les commentaires immondes d’une actualité fratricide. Révoltée oui, par la haine qui se décharge aujourd’hui sans scrupule, balayant au passage ce qui fait de nous des êtres humains avec un cœur vrai.
Primo Levi avait très bien décrit les ressorts du fascisme : comment une société se déshumanise et se complait dans la haine de l’autre jusqu’à vouloir l’éliminer.
J’ai lu cette haine dans les commentaires rieurs qui se gargarisaient qu’un enfant soit mutilé. Ça m’a fait un coup au cœur de voir cela en marche contre nos enfants.
Et puis, je suis retournée à ce texte foudroyant de lucidité, les mots finement ciselés qui disent la médiocrité mais aussi la beauté de notre nature humaine.
Solo ? Je crois que nous sommes légion ! Révoltés par les feux de forêts qui ont dévoré la nature, révoltés par le sexisme ordinaire, par le racisme décomplexé, révoltés qu’on annihile jusqu’à la joie de vivre…
La tempête sous le crâne.
Guérilla solo : ce livre à hauteur de maux me cisaille les tripes, mais il m’a aussi donné la force de porter plus fort mes combats personnels et surtout l’Espoir.
André Bonmort convoque Simone Weil, Aimé Césaire, Miguel de Cervantes…
Parfois les mots peuvent se transformer en actes.
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Résumé :
Un réflexe de survie. Face à l’emprise toujours plus brutale d’un monde régenté par l’appétit insatiable des prédateurs: enraciner la résistance dans la clandestinité d’une conscience révoltée.
S’attaquant à la prison cérébrale où l’avaient enfermé au fil des années les injonctions et les conditionnements du dogme dominant, le narrateur libère les idéaux bafoués, les solidarités étouffées, s’affranchit des tabous par la dérision.
Renouant avec les récits fondateurs, il reprend peu à peu possession de ses territoires mentaux, s’emploie à les pacifier.
Révolution sous un crâne, mais combat crucial: on ne changera pas le monde humain sans œuvrer à l’humanisation de la nature humaine…
Une écriture incisive affrontant les questionnements politiques, sociétaux, existentiels; élaborant, pour déjouer les pièges de la pensée unique, une autre grille de lecture de notre époque. Donnant la parole à «la part fragile du monde», les livres d’André Bonmort appellent à rétablir dans leurs droits dignité humaine et cohésion du vivant.
