Un titre choc de Sarah Barukh, 672 pages de discussion apaisée homme-femme autour de la lutte contre les violences faites aux femmes.
Une couleur bien voyante, des mots qui revendiquent pour un max de visibilité sur ce sujet central.
L’Assemblée nationale a récemment adopté une proposition de loi pour obliger la justice à informer les victimes de la libération de leur agresseur.
Il y a tant de choses qui permettraient de rendre la vie des femmes plus facile, ne plus craindre qu’un agresseur potentiel récidive n’est qu’une étape sur ce long chemin qui cristallise beaucoup d’attentes et d’émotions divergentes…
Sarah Barukh est une autrice engagée, elle a publié un ouvrage collectif à l’impact décisif, « 125 et des milliers » (125 pour le nombre moyen de femmes tuées par leur (ex-)compagnon par an). L’association 125 et après a ensuite vu le jour, puis le documentaire Vivantes(s).
C’est un sujet qui me révolte ! Et, malgré tout, cette lecture m’a fait du bien.
Même si je le savais déjà, voir écrit noir sur blanc que beaucoup d’hommes se sentent concernés et mènent aussi la bataille pour corriger les idées reçues et interprétations qui méprisent le féminin, cela me rassure.
Sarah Barukh a interrogé exclusivement des hommes (personnages publics, proches et anonymes) et ils sont une soixantaine à avoir répondu à cette question pas si anodine que ça : « Pour toi, c’est quoi être un homme ? », et d’autres questions personnelles ou portant sur leurs actions.
Elle a même interrogé des agresseurs, dont son ex-compagnon, parce qu’on ne peut pas totalement les exclure de la discussion et qu’il lui semble important de lutter de cette façon pour « guérir le mal à la racine ».
C’est un livre très complet, Sarah Barukh évoque la notion de masculinité, les réactions psychologiques des victimes, le droit, l’éducation, les condamnations, le suivi des détenus…
« Le problème n’est pas la durée des peines.
Le vrai problème c’est : comment organiser les incarcérations pour que les détenus en ressortent différents de la personne qu’ils étaient en arrivant ? »
Il s’organise en 3 grandes parties : La première conséquence d’être victime, L’origine du mâle, Construire ensemble plutôt que déconstruire.
J’ai notamment été touchée par les mots de l’écrivain Julien Sandrel qui a terminé un de ses derniers livres (Le jour où Rose a disparu) par une lettre d’un père à son fils pour lui dire ce qu’il aimerait qu’il soit en tant qu’homme…
Sarah Barukh l’assène et le démontre : « La violence n’est pas une affaire de genre, mais c’est une affaire de pouvoir. »
Comment pouvons-nous agir, hommes et femmes réunis, pour que les féminicides, les violences cessent enfin ?
Plus d’infos sur le site de l’éditeur
Résumé :
À l’ère post #MeToo, une question reste largement éludée : quelle place les hommes peuvent-ils – et doivent-ils – prendre dans la lutte contre les violences faites aux femmes ?
Forte de son engagement auprès de milliers de victimes et de témoins, Sarah Barukh est allée à la rencontre de près de soixante hommes, anonymes ou figures publiques, de tous âges et de tous horizons. Non pour les juger ou les sommer de se justifier, mais pour comprendre comment chacun pense le masculin, sa place, ses responsabilités ou ses contradictions dans un système de repères qui vacillent, et ce que l’engagement signifie concrètement pour certains d’entre eux.
Leurs paroles dessinent les contours d’un féminisme qui refuse les simplifications et les procès collectifs, sans jamais minimiser la réalité massive des violences. Les hommes non plus n’aiment pas les cons déplace le regard, interroge sans essentialiser, et ouvre un espace de réflexion là où la confrontation a trop souvent remplacé la pensée.

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