Le premier roman d’Elisa Routa fait partie de la collection de littérature intérieure des Éditions Bayard.
Il explore la violence intra-familiale depuis le point de vue d’une jeune enfant, tout en mettant en lumière la brutalité doucereuse du tyran.
C’est une histoire singulière, travaillée en vers libres et inspirée de l’histoire personnelle de l’autrice, mêlée au rythme léger et rieur d’une comptine enfantine.
Ce contraste est sans doute ce qui fait de ce huis clos un récit on ne peut plus glaçant.
Et en effet, cette lecture m’a profondément bouleversée, son émotion est restée accrochée à moi quelques jours.
Ne vous fiez donc pas à ce titre bien sage qui fait innocemment penser à la fameuse comptine…
L’écriture en vers ne dispense pas d’une certaine forme de rugosité qui sied à ce texte percutant (l’uppercut dans le cœur est assuré).
C’est bien simple, je n’ai pas pu le lâcher !
Les non-dits, l’attitude mielleuse de l’homme qui brutalise sa femme et ses beaux-enfants tout en affichant son plus beau sourire de façade à l’extérieur, une mère qui supporte, tétanisée par la peur et la violence abjecte dont elle est la première victime.
Mais une chose me taraude. Où sont les autres ? Tous les autres ? Voisins, familles, institutions…? Personne. La comptine résonne dans le vide creux de leur passivité.
« Il » a réussi à dresser ce mur invisible et infranchissable qui empêche de voir la vérité et plonge la famille dans une profonde solitude.
J’ai ressenti la rage de celui qui regarde sans pouvoir dire ou agir. Muselée comme cette maman en deuil des plus beaux jours de sa vie.
«Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.» Einstein
Un texte qui fait écho aux combats actuels. Merci à ceux qui les portent, merci à Elisa Routa de nous livrer ce regard intime exprimé avec beaucoup de pudeur.
Retrouvez plus d’infos sur le site de l’éditeur
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Résumé :
Dans une bastide provençale où le vent souffle sans discontinuer, une petite fille grandit. L’homme qui est arrivé dans la maison observe. Il sait tout manier avec habileté – les outils, les mots, les couteaux de cuisine, les gens. Grâce à lui, les volets sont repeints, les portes ferment, un mur entoure désormais la maison.
À l’intérieur, gare à qui désobéit. Gare aux rires entre la mère et ses enfants.
Pour la grande sœur, il faudra tenter de protéger un frère. Il faudra, pour sortir du huis clos, toute la rage de l’enfance.
Un premier roman saturé de tension qu’on traverse le souffle coupé.


Trois petits chats, Elisa Routa
Géopolitique d’un conclave, Mikael Corre
Apprendre des chimpanzés, Sabrina Krief
Rien de caché, Anthony Feneuil
Libérations, Cédric Vallet
Où s’en vont les gens qui meurent ? Vinciane Despret
Et si les animaux écrivaient ? Vinciane Despret
Où sont donc mes morts allés ? Éric Fiat
Les cinq sens, Jean-Christophe Bailly
Mozart, prodige et révolté, Olivier Dejours
Les chemins de la colère, Antonio Rodriguez Castiñeira
Pister les créatures fabuleuses, Baptiste Morizot
Les zones grises, Alexandra Saemmer
Faire son cinéma, Peter Szendy
Choses qui arrivent, Touhfat Mouhtare
Le temps (qui passe ?), Étienne Klein
Euh… Comment parler de la mort aux enfants, Delphine Horvilleur
Comment habiter le monde, Aurélien Barrau
Histoire sentimentale de mes cheveux, Estelle-Sarah Bulle
La fureur et l’extase, Laurent Larcher
La science des rêves, Isabelle Arnulf
Quelle émotion ! Quelle émotion ? Georges Didi-Huberman
Je me regarderai dans les yeux, Rim Battal
Découvrir le récit intime et pudique d’Anthony Feneuil sur son parcours d’enfant né sous X : Rien de caché, Anthony Feneuil publié aux Éditions Bayard





















