Champs de bataille L’histoire enfouie du remembrement

Champs de bataille - L'histoire enfouie du remembrement, Inès Léraud et Pierre Van Hove aux Éditions Delcourt

Révoltant ! Nous ne sommes plus à un scandale près…
Mais je me demande très sincèrement comment cette histoire de remembrement qui a bouleversé la ruralité, ruiné les petits paysans pour favoriser l’agro-industrie, dégradé la nature comme jamais on ne l’avait fait en France a pu recueillir l’assentiment collectif avant d’être presque oubliée.

Nous sommes au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la campagne est sur le point de vivre une sacrée (mauvaise) révolution et les lobbys de l’époque vont tout faire pour que ça passe crème auprès de la population, après tout, il faut bien « nourrir les Français ».
Les campagnes bretonnes, limousines, ardennaises… vont être défigurées, ça sera la guerre dans les villages entre les partisans du remembrement (qui ont en général tout à y gagner, agrandissant au passage leur exploitation) et les paysans expropriés, auxquels rien ne sera épargné.
Inès Léraud la nomme « guerre à la terre et à la paysannerie ».
La journaliste avait déjà signé un documentaire sur les algues vertes en Bretagne (je ne saurais trop vous recommander l’album Algues vertes, l’histoire interdite), elle est cette fois partie à la rencontre des acteurs de l’époque pour rendre compte de leurs témoignages, et que l’on ne l’oublie plus ce qui a été fait.
C’est à cette époque que les haies, refuges de biodiversité, vont disparaître, des cours d’eau vont être déplacés, le paysage va être uniformisé dans l’indifférence générale.
Les ingénieurs, avec l’accord de l’État, ont littéralement charcuté la terre pour favoriser la production, sacrifiant la nature sous l’autel du progrès.
Et quel progrès !
Aujourd’hui, nous payons le prix de ce saccage environnemental : ces paysages faits de bocages conçus pour retenir l’eau, éviter les inondations (ce n’est pas comme si on n’avait entendu parler que de ça dernièrement…), lutter contre l’érosion et la pollution des sols avaient une réelle utilité.
Un album documentaire très réaliste d’Inès Léraud en collaboration avec Léandre Mandard (qui a effectué une partie de l’enquête avec elle et contribué aux aspects historiques), illustré par Pierre Van Hove, colorisé par Mathilda. Une enquête hautement nécessaire pour comprendre les enjeux actuels et mieux soutenir nos paysans demain.

Retrouvez plus d’infos sur le site de l’éditeur

  • Résumé :

Il est une guerre qui n’est jamais mentionnée dans les livres d´histoire. Une guerre à la terre et à la paysannerie. Elle a meurtri les paysages et divisé les villages avant de disparaître de la mémoire collective. Pourtant, de la Bretagne aux Ardennes en passant par le Limousin, des femmes et des hommes se souviennent.

Pendant près de quatre ans, la journaliste Inès Léraud, aidée de l’historien Léandre Mandard, est allée à la rencontre des témoins du remembrement. Face aux politiques qui les expropriaient et aux bulldozers qui arrachaient les arbres, certains se sont révoltés, d’autres ont embrassé les promesses de progrès.

En s’appuyant sur les recherches historiques les plus récentes, ce récit raconte comment l’État et ses cohortes d´ingénieurs se sont employés à tailler les campagnes sur mesure pour faire de la terre un simple support de production au mépris des habitants et du vivant.

Avec cette nouvelle enquête, les auteurs d’Algues vertes, l’histoire interdite, remontent aux origines d’une catastrophe écologique et sociale dont les conséquences sont plus que jamais visibles aujourd´hui.

 

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