Raymond est à l’image de bien des personnes âgées délaissées par leur famille et qui finissent leurs jours échouées en EHPAD.
Un endroit où personne ne voudrait jamais avoir à mettre le bout d’une charentaise…
Mais Raymond est un peu rebelle et facétieux, ça ne va pas vraiment se passer comme sur des roulettes. Il met de la zizanie là où on veut l’ordre, la discipline, le calme. Et finalement, c’est comme s’il remettait de la vie pour combattre cette inertie mortelle.
J’ai bien aimé ce regard tendre et complice d’Antoine Kuster sur nos aînés.
Bien sûr, il égratigne au passage certains personnels pas toujours bienveillants et qui n’aiment pas vraiment que la routine soit bousculée.
La patience est ici une notion fondamentale : jusqu’où peut-elle aller ? Qu’est-ce que ça coûte de l’outrepasser ?
Mais, il ne faut pas oublier que c’est l’institution elle-même qui impose souvent un respect des rythmes strict et que la gestion des troubles est forcément éprouvante pour les soignants.
D’ailleurs, même Raymond va changer d’avis sur celles qu’ils nomment avec malice les Gisèles, celles qui se succèdent dans les services pour prendre soin des résidents.
Je me demande ce qui a vraiment changé dans ces établissements depuis la publication de l’enquête choc du journaliste Victor Castanet. Le journaliste y évoquait la maltraitance organisée en EHPAD dans le but de faire de la rentabilité sur le dos de nos aînés.
Raymond Custer dénonce cela bien sûr, mais il le fait d’une manière plus légère, douce-amère. C’est une lecture qui permet de changer de point de vue, en se mettant à la place de Raymond.
On entend trop souvent encore de tristes histoires sur les maisons de retraite vues comme des mouroirs, alors qu’il y aurait certainement de belles histoires de vie à raconter aussi.
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Résumé :
La terrible et néanmoins drôle d’histoire de Raymond Guerre, résident d’un EHPAD, entré en résistance contre le système !
Raymond Guerre, veuf de 80 ans, vit dans un EHPAD du sud de la France. Il est acariâtre, solitaire et cynique. Pire, il se croit le seul valide parmi les « vieux ». Un jour, il fait la rencontre de son nouveau voisin de chambre : un homme de son âge, élégant et brillant. Après l’indifférence des premiers temps, une profonde et solide amitié finit par les unir au sein de cette sinistre prison.
Un récit qui se veut poignant et qui montre la solitude extrême, la démence qui s’empare des êtres et les incohérences d’un système. Il révèle aussi la profonde humanité et le plein de vie qui habitent nos aînés. C’est l’histoire d’un improbable défi, celui de survivre alors que la seule chose à faire ici est d’attendre que la mort vous emporte.























