1088 pages et ce n’est que le premier tome !
Il n’en faut pas moins pour ce roman extrêmement précis qui raconte l’ascension au pouvoir de l’un des pires dictateurs de l’histoire, Benito Mussolini.
S’il s’agit d’une fiction historique, Antonio Scurati s’est plongé dans les archives historiques italiennes pour étayer ce récit dense et important.
À l’heure où l’histoire se trouble, il me semble en effet essentiel de faire ce devoir de mémoire collectif, nous le devons a minima à la postérité. Car enfin, que nous dit ce passé ? Qu’est-ce qu’il raconte de la société et de ses travers ? N’avons-nous donc rien compris ?
L’histoire ne saurait mentir, méfions-nous de ceux qui cherchent à l’effacer ou à la corrompre, ils le font en général pour asseoir leur idéologie.
La saga d’Antonio Scurati est l’histoire du fascisme, elle ne nous décrit pas seulement la montée en puissance de Mussolini et la perception de cet homme dangereux, mais surtout comment un peuple entier a pu être dupé, violenté, fasciné et soumis.
Le fascisme a ensuite contaminé l’Europe entière.
Hitler s’est directement inspiré de Mussolini, il en a repris certains codes (chemises noires des milices devenues brunes chez les nazis, culte de l’antiquité et de la personnalité) jusqu’à exposer un buste du Duce dans son bureau de Munich, siège du parti nazi.
Antonio Scurati est un antifasciste convaincu, sa saga représente un travail colossal, une immersion sombre dans un régime d’une extrême violence, corrompu jusqu’à la moelle. C’est un texte qui bouscule !
Il faut cela, je crois, pour ne pas se laisser prendre aux discours de haine d’aujourd’hui car une certitude, ils n’ont jamais rien amené de bon dans l’histoire des peuples.
J’ai fait des études supérieures en italien, je n’avais jamais rien lu d’aussi précis sur le sujet. Le roman historique est l’un des piliers de la littérature italienne et Antonio Scurati le démontre une fois de plus avec virtuosité.
C’est aussi une lecture exigeante.
Comme il s’agit d’un gros volume, il vous faudra peut-être y aller peu à peu, prendre le temps. Pour ma part, je suis revenue régulièrement aux pages de description des personnages pour clarifier et éviter de m’emmêler les pinceaux car ils sont très nombreux.
Ce livre a reçu le prix Strega en 2019, le plus prestigieux prix littéraire italien.
L’opus final de la saga, le cinquième tome, est sorti fin août en grand format aux Éditions Les Arènes : M, La fin et le commencement.
Il faut saluer le travail de traduction remarquable de Nathalie Bauer, qui est aussi pour beaucoup dans le succès français de cette œuvre monumentale.
Retrouvez plus d’infos sur le site de l’éditeur
Résumé :
Mars 1919 : Benito Mussolino, ex-syndicaliste révolutionnaire, fonde à Milan un groupuscule, les Faisceaux de combat. Janvier 1925 : devenu chef du gouvernement, après une marche spectaculaire sur Rome, il assume ses responsabilités dans l’assassinat d’un de ses opposants politiques. En six ans, l’Italie a sombré dans le fascisme. Comment un agitateur qui voulait « vivre dangereusement » a-t-il réussi à devenir le dictateur qui fascine tout un peuple ?
Succès d’édition hors norme depuis sa sortie en Italie, la saga M d’Antonio Scurati retrace l’ascension de Mussolini et la montée du fascisme en Italie, mêlant fiction et documents d’archives. Une prouesse littéraire exceptionnelle traduire dans 38 pays et qui a conquis plus d’un million de lecteurs dans le monde. M, L’enfant du siècle est le premier tome.






















