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Hamnet, Maggie O’Farrell

Maggie O’Farrell nous sert ici un livre mélange d’histoire et de tragédie, d’une beauté bouleversante.

Hamnet est le fils de Shakespeare, c’est un prénom qui peut aisément se confondre avec Hamlet (puisqu’ils étaient utilisés indistinctement l’un et l’autre à cette époque) : faut-il y voir une référence à la plus célèbre tragédie de l’auteur ? C’est ce que sous-entend Maggie O’Farrell dans sa fiction.

Je l’ai beaucoup vu passer sur les réseaux, je crois que revisiter l’intimité d’un tel monument de la littérature et du théâtre y est forcément pour beaucoup… J’ai essayé de fermer les écoutilles pour garder mes impressions de lecture personnelle.

J’ai mis en corrélation cet ouvrage et celui de L’enfant Céleste de Maud Simonnot que j’ai lu en continuité (même s’ils ne sont pas dans la même veine) puisque finalement ils traitent tous les deux de ce qui a pu inspirer l’écriture de Shakespeare (dans l’ouvrage de Maud Simonnot c’est la fin de l’astronome Tycho Brahe, si vous ne l’avez pas encore lu, je ne saurais trop vous le conseiller…).

Maggie O’Farrell s’est inspirée quant à elle du fils de Shakespeare, Hamnet, pour tisser sa trame.
En réalité, si dans cet ouvrage la peste plane sur la famille comme un oiseau de mauvais augure, on n’est pas du tout certain que les choses se soient passées de cette façon (je ne vais pas vous dévoiler toute l’intrigue, je vous laisse la découvrir), j’espère que vous serez ému comme je l’ai été.

Le personnage de Shakespeare me semble double : une facette pour sa famille qui vit à la campagne et qu’il affectionne, bien que vous le verrez les relations avec ses parents sont plus compliquées ; une autre facette pour ses nombreuses activités et la vie mondaine qu’il mène seul à Londres.

On pourrait facilement le trouver égoïste, puisqu’il délaisse à l’envi femme et enfants pour se consacrer à sa vie de tragédien, metteur en scène, auteur comme si au fond il était célibataire et sans enfant.

Mais serait-il devenu ce monstre sacré s’il n’avait pas rejoint la capitale ?

Quant à sa femme, Maggie O’Farrell en fait un personnage extrêmement travaillé, j’allais dire « sacré », lunaire : Agnès Hathaway est à la fois mystérieuse, dotée d’une certaine aura (qui a séduit William) et des capacités un peu magiques (elle voit ce que les gens normaux ne voient pas), c’est un très beau portrait de femme… 

Hamnet, ce gamin pâtit évidemment de l’absence de ses parents : son père retenu par ses maintes affaires et son travail à Londres, sa mère qui, trop sollicitée pour ses aptitudes, ne voit pas la tragédie se faire sous ses yeux…

Et puis la force de ce drame qui se tisse, on le sait dès les premières pages, c’est totalement bluffant… Un très beau livre.

Retrouvez plus de détails sur le site de l’éditeur…

𝗥𝗲́𝘀𝘂𝗺𝗲́ : Un jour d’été 1596, dans la campagne anglaise, une petite fille tombe gravement malade. Son frère jumeau, Hamnet, part chercher de l’aide car aucun de leurs parents n’est à la maison…

Agnes, leur mère, n’est pourtant pas loin, en train de cueillir des herbes médicinales dans les champs alentour ; leur père est à Londres pour son travail ; tous deux inconscients de cette maladie, de cette ombre qui plane sur leur famille et menace de tout engloutir.

Porté par une écriture d’une beauté inouïe, ce nouveau roman de Maggie O’Farrell est la bouleversante histoire d’un frère et d’une sœur unis par un lien indéfectible, celle d’un couple atypique marqué par un deuil impossible. C’est aussi l’histoire d’une maladie  » pestilentielle  » qui se diffuse sur tout le continent. Mais c’est avant tout une magnifique histoire d’amour et le tendre portrait d’un petit garçon oublié par l’Histoire, qui inspira pourtant à son père, William Shakespeare, sa pièce la plus célèbre.

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