Où sont donc mes morts allés ? Éric Fiat

Où sont donc mes morts allés ? Éric Fiat aux Éditions Bayard

Cette question à la portée universelle et philosophique, je me la suis souvent posée…
Ce livre du philosophe Éric Fiat aura forcément fait écho à mon propre cheminement personnel.

Les mots qu’il m’a très gentiment inscrits en dédicace ont fait sens d’une façon si précise.
Car ce travail de « gardien » d’une mémoire révolue, je l’ai fait un peu mienne en étudiant depuis 2 ans la généalogie de ma famille.
Je n’avais plus les clés pour comprendre quelles histoires se cachaient dans cette lignée mystérieuse.
Je ne voulais pas que l’histoire se perde, que « mes morts » ne disparaissent tout à fait sans que personne ne le sache, sans rien avoir à transmettre. J’y ai aussi trouvé un profond apaisement.
« Être fidèle à ceux qui sont morts (…). C’est transmettre leur visage, leur voix, leur message aux autres. Alors la vie tronquée des disparus germera sans fin. » aurait dit l’écrivain rescapé de Treblinka, Martin Gray.
Éric Fiat ne dit finalement pas autre chose.
Il ne faut pas attendre d’avoir perdu un proche pour lire cet essai, pour comprendre la nécessité du rite, des cimetières, du travail de mémoire, bien avant que ne vienne le temps de la consolation.
Le traumatisme de ne pas avoir de lieu où se recueillir, après l’incinération et la dispersion des cendres de son père, poussa Éric Fiat à l’écriture de cet essai construit autour de son histoire personnelle, de ses souvenirs et de son travail de philosophe, mais pas seulement…
Il y convoque toute une série d’illustres figures en musique (il est aussi musicien, cite Brassens, Brahms, Ravel…), en littérature (La Rochefoucauld, Pagnol, Proust, Giono…), en poésie (Rutebeuf, Villon, Rimbaud…), en philosophie (Plotin, Jankélévitch, Serres, Nietzsche…), en histoire (Michelet)…
Et sollicite même les mythes et légendes. Autant dire que ça fait beaucoup de monde autour de (et avec) nos morts !
J’ai trouvé dans ce livre du réconfort, une réflexion poussée sur la place que nous faisons à ceux qui ne sont plus là et la place que nous devrions faire à nos racines dans notre société parfois pressée et oublieuse.

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  • Résumé :

« Parce que j’eus l’impression que par trois fois mon père m’avait été enlevé – par mort, par crémation, par dispersion -, je me voulus en quelque chose gardien de sa mémoire et me mis en recherche d’un lieu où inscrire son passage dans ce monde. » Quand ceux que nous aimons nous quittent, partant sans laisser d’adresse, vers où pouvons-nous encore nous tourner ?
Se souvenant de Rutebeuf : « Que sont mes amis devenus ?  » et aussi de Villon : « Mais où sont les neiges d’antan ? « , Éric Fiat, en écrivain et en philosophe, livre un texte bouleversant sur la place que notre époque fait (ou plutôt ne fait pas) aux morts.
Il dit sa peur de l’oubli, l’importance des rites et la beauté des cimetières. Et bien que sachant ce qu’ont de dérisoire nos protestations contre le néant vers lequel tous nous irons, il cherche avec la ténacité d’un enfant les traces de ses morts et leur sourire aimé.

Où sont donc mes morts allés ? Éric Fiat aux Éditions Bayard

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