Farfulettes à l’eau de mer, Marie-Hortense Lacroix

Farfulettes à l'eau de mer de Marie-Hortense Lacroix, Les Éditions Sulliver

Farfelues, un peu folles, si les farfulettes de Marie-Hortense Lacroix font rire, elles laissent aussi un arrière-goût âcre et tenace.

C’est que l’autrice cisèle son écriture, la satire sociale est son terrain de jeu et on s’y laisse prendre avec curiosité, et parfois même, une certaine forme de dégoût.
Le rejet ici est d’ordre moral : où se situe le bien ? Et dans ce cas, où est le mal ? Quelle est la limite entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ?
Le recueil compte quinze nouvelles qui oscillent entre rêverie, surréalisme, vision fantastique et décadente de notre société.
La première nouvelle est une mise en condition réussie : totalement bizarre, mais dans cette bizarrerie il y a des choses très vraies qui sont dites. Une naissance qui est aussi une mort, une vie suspendue à un cordon rabougri…
Marie-Hortense Lacroix met le doigt sur nos contradictions, nos angoisses et comportements collectifs poussés à l’extrême.
La déshumanisation est drôle et féroce, c’est bien sûr aussi une forme de dénonciation de certaines dérives.
Car si les portraits ne sont pas dénués de tendresse, c’est pour frapper plus fort à l’heure du final.
« du bois dont on fait les cure-dents », le ton est donné !
Ces nouvelles tournent autour du jeunisme qui exècre tout ce qui est vieux et mou, de l’invisibilisation des marginaux, des sans-corps aussi, de l’indifférence sociale, du désengagement, du désamour, de la folie, de l’absurdité d’une condition et encore plus celles de nos actions futiles ou dépravées.
C’est un recueil d’une grande originalité, cynique et troublant. Merci aux Éditions Sulliver pour cette belle découverte.

Retrouvez plus d’infos sur le site des Éditions Sulliver

  • Résumé :

Cet homme qui se laisse transformer en produit d’entretien pour enfin se rendre utile. Cette ville de verre qui ne cesse de grandir en se nourrissant des cadavres de ses habitants. Ce vieillard croisé dans le désert, qui est peut-être Le Petit Prince de Saint-Exupéry 70 ans plus tard. Ce gros dormeur qui tombe amoureux de la roche où il fait la sieste et finit par se confondre avec elle… À travers la cocasserie de situations improbables et une galerie de portraits décalés, ce livre est une constante invitation à rire (jaune!) de nous-mêmes et de notre monde.
Une tonique causticité poussée à l’extrême; un humour au scalpel porté par un style dense et musclé; la charge à la fois implacable et désopilante de la satire sociale… et une invariable pointe de tendresse: avec ses Farfulettes, Marie-Hortense Lacroix nous a concocté une savoureuse recette pour croquer joyeusement le cynisme contemporain. Tout en nous invitant à explorer ce territoire troublant où se côtoient le rire et la douleur.

Farfulettes à l'eau de mer de Marie-Hortense Lacroix, Les Éditions Sulliver

Autres posts